Prière du "drogué"


Ô mon Dieu, être de mon être, puisses-tu m'aider en ces temps difficiles...
Ô mon corps, être de chair qui est moi, puisses-tu m'aider en ces temps difficiles...
Je pose sur toi un nouveau regard et je ne serai plus ton ennemi...
Je laisse ainsi le champs de bataille, permets moi seulement de prendre le temps pour le nettoyer ...
Car ô mon corps, je vois maintenant l'absurde de cette guerre, qui m'a fait entendre sema (prison) pour soma (corps)
Je sens bien que je ne t'ai pas aimé comme tu le désirais, que je t'ai tué avant même que tu ne parles...
J'accepte maintenant que je puisse souffrir à cause de ce que je t'ai fait

Mais ô mon corps, j'ai si peur... non pas que tu meures mais que tu ne m'aimes définitivement plus
Je sens ton lien aux invisibles, et je redécouvre ta magnificence alors que je t'ai laissé comme champs de ruine
J'accepte ton aide pour laver et soigner ce que dans mon orgueil, j'ai fait...
Ô mon corps que je t'aime...
Non plus pour l'assurance de plaire à d'autres ou pour jouir,
Mais simplement parce que je te reconnais comme étant de la même essence que mon âme...
Ô Dieu infini et miséricordieux aide "nous" à devenir lumière de ta lumière
Ô mon corps comme tu es bon de me faire partager et aimer ce monde de la vie
Sans toi, je ne serai ce que je suis, un être en devenir pour l'ensemble de la vie.

Je promets ainsi de te nourrir d'eau et de végétaux et de restreindre la chair animale de ma nourriture,
Cela afin que tu puisses te tenir avec moi sans honte devant le peuple animal,
Et ainsi progresser ensemble sur le chemin de la vie qui lie...

Je m'en remets à toi, père de toute chose que mes anciens appelaient le "Sans Nom", afin d'ouvrir mon cœur à l'amour pour toutes choses vivantes provenant de toi...

Je découvre ce jour combien est faible mon amour, et combien l'obscurité m'envahit à cause de moi et de mon orgueil,
J'accepte donc ici de plier genou,
Non pour implorer mais rendre grâce
A celle qui m'a ouvert les yeux...

Je sais et reconnais que le chemin sera long et douloureux
Il est à la hauteur de mes erreurs

J'en vois la justesse et ne me plains pas...
D'autres ont à souffrir de tant de maux que les miens sont pures illusions,

Donne moi l'amour ô mon corps,
Toi dont on a dit qu'il était fait de bassesses et de mort,
Car maintenant je te reconnais pour être de haut et de vie...

Sur le fronton de Delphes est inscrit :  "Gnothi Seauton"

écrit par E.D. (janvier 2014)